
Les œuvres de 17 à 23
Ibant Oscuri - Groupe A Coopérative culturelle
17_
François Lewyllie: Néo-fétiches, 2020, crottin de cheval, bois, colles, photographie et t-shirt blanc imprimé, dimensions variables. Sérigraphie réalisée par Bastien Loufrani.
Œuvre réalisée lors d’une résidence de création collective à la Condition publique du 28 septembre au 16 octobre 2020. Les matériaux ont été puisés localement au sein de l’atelier de la Halle C et à Roubaix.
Entre deux découpes de bois (voir 23), François Lewyllie alias Cédric Brancoussi décida de fabriquer des sculptures inspirées des boli, fétiches des Bambaras ou des malinkés du Mali. Ces trois sculptures, réalisées en crottin de cheval, rayonnent de la même manière que rayonnaient les bousillés réalisés entre deux ouvrages par les maîtres verriers, spécifiquement dans le nord. Il s’agissait de ne pas s’abrutir à la tâche, et de s’adonner aux extravagances potentielles entre deux métiers. Encore une fois se pose la question de l’art entre deux, comme un geste inconsistant, mais pour autant éminemment esthétique. Ces trois sculptures prennent alors places dans un cabinet de curiosité qui interroge directement notre rapport à l’art, aux mythes, à ce qui fonde ailleurs nos sociétés. Elles questionnent le statut d’une œuvre d’art dont l’une des caractéristiques est bien de ne servir à rien d’autre que d’être regardé par un tiers, de provoquer ou pas une émotion.
18_
Clémentine Carsberg : Les trop fait-maison, 2020, bocaux et coquilles d’œufs dorées, dimension variable.
Œuvre réalisée lors d’une résidence de création collective à la Condition publique du 28 septembre au 16 octobre 2020. Les matériaux ont été puisés localement au sein du restaurant L’Alimentation de la Condition Publique.Des œufs dorés et mis sous cloches, comme des stalactites extraites d’une grotte ou encore une excroissance bizarre, des cloques qui s’amoncellent et se répandent, dans un espace confiné, contraint, qui pourraient évoquer des naissances ancestrales, celles de dinosaures pourquoi pas, ou d’autres êtres étranges. Mais ce sont bien, a contrario, simplement des coquilles d’œufs dorées, collectionnées, conservées, et qui symbolisent ici une récompense. Celle fabriquée par une main heureuse et prolifique qui récupère les déchets de la cuisine pour en faire des objets précieux, issus directement du quotidien de la ménagère. Cette œuvre attire notre attention sur les petits riens auxquels nous prêtons en général une prévenance distante, même lointaine, plus directement dont on se fout royalement et qui n’ont d’intérêt que pour la poubelle, physique et mentale. Ils sont ici volontairement soumis au regard de l’autre, engendrant une mise en scène bouleversant le statut usuel des résidus.
19_ Pascal Marquilly, François Andes
Per aspera ad astra, 2019, dessin au graphite sur papier Gerstaecker, 120 g. 50 cm x 32,5 cm, 20 planches.
Cette série de dessins originaux a été réalisée en vue d’une édition ou chacune des planches serait imprimée selon des procédés différents. Pascal Marquilly invita dans son processus de création François Andes. La réalisation des images fut l’occasion d’une collaboration ouverte, d’aller-retour collaboratif, où Pascal Marquilly projeta la mise en scène de l’ensemble tandis que François Andes réalisa les planches de tête. Les déclinaisons des différentes pièces, réalisées par Pascal Marquilly racontent, chacune à leur manière, une histoire de la disparition animale. Le processus de création intégra huit nouvelles écrites par Pascal Marquilly.
20_ Pascal Marquilly, François Andes
Per aspera ad astra, 2020, différentes techniques d’impression sur papier Arches expression, 46 cm x 32,5 cm, 22 planches.
Per aspera ad astra, vers les étoiles, à travers les épreuves, tente de rendre compte d’un véritable génocide invisible : la disparition d’une bonne partie du règne des vertébrés (entre 1970 et 2018, 60% de la population des vertébrés a décliné). Il est évident que lorsque nos enfants, d’ici une petite dizaine d’année, ayant des enfants à leur tour et feuilletant un livre d’images animalier, s’adresseront à leur progéniture de telles manières : c’était une baleine, c’était un éléphant, c’était un tigre… L’œuvre est conçue dans la pure tradition des images animalières du XVIIème siècle où l’on esquissait une représentation animale par les récits qu’il nous était donné d’entendre. Les deux artistes se sont interdits de prendre modèle et ont dessiné les animaux de mémoire. Les planches sont composées en petites séries, se répondant les unes aux autres et intégrant des techniques d’impression qui ont été choisies selon qu’elles pouvaient aussi rendre compte de cette disparition malheureusement programmée, à notre insu. La délicatesse des réalisations tranche volontairement avec la gravité de la situation. Il s’agissait de réaliser un dernier inventaire entièrement voué à prendre place dans une archive muséale. L’ensemble des impressions fut réalisé, sous la supervision des artistes, par l’Atelier du Livre d’art et de l’Estampe de l’Imprimerie nationale.
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Pascal Marquilly, François Andes
Edition Per aspera ad astra, 2020, 22 différentes techniques d’impression sur papier arches expression,
accompagné d’un livret présentant 8 nouvelles illustrées d’estampes, présenté dans un coffret de conservation en carton musée rembordé de toile Buckram et papier barrière à ph neutre.
22 _
Pascal Marquilly : Per aspera ad astra, 2020, édition spécifique de 8 nouvelles, séparée d’un carton orange, à disposition du public.
23 _
François Lewyllie : La réponse à l’ultime question, 2020, pile de bois aux dimensions 42cm x 42 cm x 126 cm et chute des découpes, poster, diffusion sonore.
Photographies de Yves Bercez
Avec la collaboration de Rodolphe Collange, Pascal Marquily et Clémentine Carsberg.
Œuvre réalisée lors d’une résidence de création collective à la Condition publique du 28 septembre au 16 octobre 2020. Les matériaux ont été puisés localement au sein de l’atelier de la Halle C.
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Le propos de l'exposition
Le bruit et la fureur... Aux portes des villes et des villages se pressent et s’accumulent sans retenue aucune des hordes de véhicules tonitruants, arrivent par mer, par air, par terre, soustrayant [...]