
Les œuvres 1 à 5
Ibant Obscuri - Groupe A Coopérative culturelle
1_
Clément Vuillier : FEU, 2017, encre de chine sur papier, dimensions variables, sélection de 4 planches.
Alors qu’une partie des forêts de l’Ouest des Etats-Unis part en fumée, et que d’autres feux ravagent régulièrement l’Australie, cette œuvre graphique nous montre avec minutie la désolation qui suit immédiatement la destruction. Et, étonnamment, un sentiment étrange mêlé de fascination nous habite aussitôt. Quelque chose de l’ordre du beau nous envahit, nous plonge dans un état de sidération. On sent bien intimement que de ce chaos naîtra la vie, se rétablissant et reprenant ses droits. Elle seule, sans autre présence qu’un regard lointain, mais contraint par la force des détails.
2_
Clément Vuillier : L’année de la comète, 2018, encre de Chine sur papier, dimensions variables, sélection de 5 planches.
Ces cinq planches sont issues de l’album graphique “L’année de la comète“ édité en 2019 (édition 2021). L’album narre les catastrophes naturelles subies par une planète inconnue au passage d’une comète. Ces planches suggèrent la beauté sauvage de la nature, dont la quiétude est soudainement bouleversée, l’expression intrinsèque se libère sous l’effet d’un événement impromptu, mais pour autant relié au cosmos, à notre univers, à ce qui est naturel. L’humanité est totalement absente de ces images, reléguée à une place de spectateur tétanisé. Pour autant, ces images nous rappellent ce qui se passe de plus en plus fréquemment ces dernières années, l’accumulation des catastrophes naturelles largement amplifiées par le changement climatique.
3_
Zoer :
Solara 163943, 2020, peinture acrylique sur capot de Peugeot 404, 115 cm x 124 cm.
Solara e2660c, 2020, peinture acrylique sur capot de Peugeot 404, 115 cm x 124 cm.
Solara be3d1b, 2019, peinture acrylique sur capot de Talbot Horizon, 105 cm x 234 cm.
Ces trois pièces sont issues d’une série présentant 144 épaves automobiles peintes selon un nuancier spécifiquement créé pour l’occasion, marqué d’un code RVB parfaitement subjectif. Aux déchets issus de l’industrie de la voiture, le peintre oppose un savoir-faire pour transformer un temps une casse en une gigantesque déclinaison chromatique, les carcasses métalliques étant entièrement peintes. Ainsi, la casse devient un musée à ciel ouvert. Le recyclage des automobiles est un problème largement documenté. Même si une directive européenne impose depuis 2015 un taux de réutilisation, recyclage et valorisation énergétique à hauteur de 95% de la masse d’un véhicule, il est encore difficilement atteint à ce jour. Par ailleurs, les sols des centres VHU sont largement pollués. L’artiste propose à sa manière une réflexion sous-entendant la mise en place d’une économie circulaire pouvant s’appuyer, entre autres, sur le traitement de ces déchets. Il suggère parallèlement une revalorisation de ces objets de consommation courante qui a eux seuls symbolisent de larges pans de l’exploitation des ressources naturelles à l’échelle mondiale, en proposant aux regards de plusieurs individus une partie emblématique de la bagnole, que l’on est souvent plus enclin à se réserver pour soi-même.
4_
Grégory Grincourt : Dark side of the moon, In progress depuis 2011, techniques mixtes, dimensions variables.
L’accumulation d’objets manufacturés en plastique, simplement assemblés en fonction de leur potentiel formel, de leur concordance colorée, de leur plasticité, et doté d’un système d’éclairage interne, nous présente des luminaires au design étonnant, de la même manière que d’autres peuvent être proposés au consommateur dans n’importe quelle grande surface. Néanmoins, chacun sait que les objets en plastique sont un véritable fléau pour la planète. On s’en débarrasse à la volée, objets sans réelle valeur, issus de la consommation de masse. Ils se désagrègent très lentement et ne perdent absolument pas leur nocivité toxique une fois réduits en milliards de micro-particules, qui hantent désormais l’ensemble des mers et des océans.
5_
Grégory Grincourt : Thingummyjigs, 2020, techniques mixtes, dimensions variables.
Cette œuvre, inspirée des figures totémiques de l’Afrique et des divinités protectrices, opère un retournement de sens à partir de déchets automobiles. Elle présente en effet quatre faces d’insectes tératologiques, qui, il n’y pas si longtemps, finissaient leur course sur les pare-brises automobile, et, malgré leur extinction vertigineuse (30% des insectes sont menacés de disparition, Biological conservation, 2019), pourraient nous survivre pour une partie d’entre eux. Par ailleurs, ces machines sonores nous renvoient à la pollution dont le trafic autoroutier fait preuve, en envahissant de grondements véhéments les espaces urbains comme ceux de la campagne, et finissant éparpillés aux quatre coins du monde. Comme chacun le sait, de la route à la décharge, il n’y a qu’un pas…
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