À l’occasion de la Biennale, la Condition Publique accueille le samedi 3 octobre 2026 quatre propositions qui invitent à regarder autrement les fleuves, les canaux et les territoires qui les entourent.
Deux expositions présentées en verrière explorent les relations entre milieux vivants, aménagement et imagination : Phare d’eau interroge notre manière d’habiter les territoires fluviaux face aux transformations climatiques, tandis que Territoire du Castor s’intéresse au retour du castor dans le canal de Roubaix et aux nouvelles relations qui se tissent entre espèces et milieux.
À l’Alim, deux rencontres proposent de poursuivre ces réflexions autour de la cartographie. Elles questionnent la manière dont les cartes représentent, transforment et parfois figent les territoires, tout en ouvrant la voie à d’autres récits et d’autres façons de percevoir les espaces fluviaux.
EXPOSITIONS — EN VERRIÈRE Phare d’eau
Habiter autrement : passer de l’eau ressource à l’eau vivante
Face aux transformations climatiques et à la multiplication des épisodes d’inondation, Phare d’eau propose de repenser notre relation aux cours d’eau. Le projet prend pour terrain d’expérimentation le canal de la Somme et questionne les aménagements qui cherchent traditionnellement à maîtriser et canaliser les flux.
Plutôt que de construire davantage, les architectes proposent une démarche de « désommation » : déconstruire certaines manières de penser et d’aménager le territoire pour laisser davantage de place aux dynamiques du vivant.
Nourri par des arpentages, des rencontres avec les habitants, des recherches cartographiques et un travail documentaire, le projet prend la forme d’une installation mêlant cartes, dessins, photographies, film, objets et artefacts narratifs. Cinq hypothèses de transformation du canal invitent ainsi les visiteurs à imaginer d’autres manières d’habiter avec l’eau, en considérant notamment les crues comme des phénomènes naturels pouvant participer à la vie du territoire.
Territoire du Castor
Une enquête dessinée sur le retour du castor dans le canal de Roubaix
L’illustratrice lilloise Océane Azeau s’intéresse au retour du castor dans le canal de Roubaix, à travers un travail mené avec le Relais Nature.
À la croisée de l’illustration, de l’observation et de l’enquête, Territoire du Castor explore les traces de cet animal et les relations qu’il entretient avec son environnement. Le projet porte un regard sensible sur un territoire en transformation, où la présence d’une espèce peut révéler de nouvelles dynamiques écologiques.
L’exposition prend la forme d’une intervention en triptyque, en lien avec la Maison de l’eau toute proche. Elle sera accompagnée d’une restitution des ateliers et de l’enquête menée autour de la présence du castor. Samedi 3 octobre — journée de clôture
Venez découvrir l’exposition et les résultats de l’enquête, en présence de l’artiste.
RENCONTRES — À L’ALIM Samedi 3 octobre
14h — Au-delà de la ligne
Repenser les représentations fluviales, le cas du Rhône
Lamiae Boulejiouch & Luna d’Emilio — ENSA Lyon
Durée : 30 min · Tout public
Et si la manière dont nous représentons un fleuve influençait aussi la manière dont nous l’aménageons ?
À partir d’un travail de recherche consacré au Rhône, cette présentation interroge le rôle de la cartographie dans la transformation des territoires fluviaux. Au fil du temps, les cartes ont souvent réduit le fleuve à une ligne, alors même que celui-ci est un milieu mouvant, traversé par des cycles, des flux et une multitude de formes de vie.
À partir du secteur de l’île Pradier, près de Montélimar, les chercheuses analysent notamment les effets des aménagements liés aux canaux de dérivation et à la production hydroélectrique. Elles présentent un ensemble de cartographies alternatives qui cherchent à faire apparaître ce que les représentations traditionnelles laissent dans l’ombre : gradients d’humidité, infrastructures, flux écologiques, rythmes naturels et relations entre les différents milieux.
Une invitation à considérer la carte non plus seulement comme un outil de représentation, mais comme un espace d’exploration et d’invention pour raconter autrement les territoires fluviaux.
15h — Cartographie de la Contre Terre
Pereira de Moura Richard & Guillaume Lepoix — artistes
Durée : 1h30 à 2h · Tout public
Et si une île inconnue existait quelque part au large de la pointe du Cotentin ?
Cartographie de la Contre Terre raconte l’exploration d’un territoire fictif : une île qui aurait toujours été là, mais qui n’aurait jamais été décrite ni représentée. En s’inspirant des récits des explorateurs partis autrefois combler les « blancs » des cartes, un artiste et un géographe inventent une nouvelle géographie à la croisée de la recherche et de la fiction.
À travers des cartes, des profils topographiques et des récits, le projet explore les liens entre territoires réels et imaginaires, entre observation scientifique et création artistique, entre la Terre et l’eau, l’ici et l’ailleurs.
La rencontre propose ainsi de questionner ce que cartographier signifie : que choisit-on de représenter ? Que laisse-t-on hors champ ? Et comment la création peut-elle faire émerger d’autres récits géographiques ?
Une conférence qui invite à regarder les cartes comme des espaces de recherche, de fiction et de découverte.